
4- L’argument politique
5- L'argument médiatique
Si le problème ne peut être envisagé d’un point de vue scientifique, il pourrait l’être alors d’un point de vue administratif.
Pour les titulaires du Doctorat français, cette question est fondamentalement, si non exclusivement, administrative. Un problème lié à la reconnaissance d’un diplôme. Sur ce point très peu de personnes peuvent sérieusement avancer des arguments sans risquer de se discréditer ou de paraître trop partial. Mais « très peu », encore une fois, signifie que quelques uns osent quand même le faire. Voyons d’abord ce que disent les titulaires du Doctorat français.
En 1984 la France a harmonisé ses diplômes avec le reste de l’Europe. Elle a remplacé le système de deux doctorats (Doctorat du 3e cycle puis Doctorat d’Etat) par un seul est unique Doctorat : le Doctorat Unique ou Doctorat d’Université. La France était un cas à part dans l’Europe et le Monde. Malgré cette marginalité, c’est bien ce système que le Maroc «a choisi » pour son système éducatif supérieur (les deux Doctorats) démontrant ainsi que le suivisme culturel et scientifique vis-à-vis de la France est total. Cependant, quand la France a changé son système, le Maroc a mis 11 ans à le copier (ou recopier). Depuis 1984, le Doctorat d’Université est le plus haut diplôme que délivrent les universités françaises. Tous les pays du monde reconnaissent ce diplôme comme équivalent à leur « plus haut » diplôme. Tous, sauf le Maroc. Plus grave encore, non seulement le Maroc établi de facto une hiérarchisation qui fait de son Doctorat d’Etat (son plus haut diplôme) un diplôme supérieur au plus haut diplôme de la France, mais il installe, par un jeu de transitivité une hiérarchie entre les diplômes européens faisant de celui de la France le dernier de l’Europe. Ainsi reconnaître que le Doctorat Belge, Roumain, Bulgare, Espagnol, Allemand etc. sont équivalents au Doctorat Marocain mais pas le Doctorat Français c’est dire que tous ces Doctorat sont supérieurs au Doctorat Français. Et dire que la réforme en France avait pour objectif de faciliter la reconnaissance mutuelle des Diplômes entre européens !
Le Maroc semble d’une arrogance sélective qui fait que (on ne sait sur quelle base ?) certains pays européens (en fait tous plus certains pays arabes et américains) sont jugés « meilleurs » en formation mais pas la France. Qui connaît ces deux pays, la France et le Maroc, peut s’étonner d’une telle attitude. Non seulement parce qu’on ne peut sérieusement les comparer sur tous les plans étant donné l’écart abyssale qui les sépare, mais surtout quand on connaît la relation dite « privilégiée » entre les deux pays et qui fait du Maroc un éternel dépendant vis-à-vis de la France sur tous les plans. A moins que la non reconnaissance du Doctorat Français ne soit une sorte de vengeance ou d’affirmation d’une indépendance perdue. En réalité, le Maroc n’a jamais prétendu que le Doctorat français est moins « important » que le Doctorat marocain. Il en a seulement fait une réalité non officielle en mettant les titulaires de ce diplôme au même grade que ceux qui n’ont pas de Doctorat marocain. Provisoirement, précise la lettre d’engagement de ces personnes. Depuis 22 ans provisoirement !
La question maintenant est de savoir pourquoi cette équivalence n’a pas était faite depuis tout ce temps ? D’autant plus qu’il s’agit là d’une faute administrative grave en contradiction avec les textes de la loi qui stipulent qu’aucun engagement dans la fonction publique ne peut avoir lieu tant que l’administration n’a pas statué sur l’équivalence des diplômes. Difficile de répondre à cette question. Tout n’est que conjecture et pas toujours au bénéfice de l’Etat. Si personne ne peut de manière raisonnable et prouvée expliquer cette défaillance, beaucoup de contradicteurs des titulaires du Doctorat français lui ont trouvé une explication toute faite. Une explication que l’Etat lui-même n’ose prendre à son compte.
Selon ces contradicteurs le Doctorat d’Université serait non l’équivalent du Doctorat d’Etat mais du Doctorat du 3e cycle. Cet argument résonne plus comme l’espoir d’une explication qu’une explication réelle. Aucun argument sérieux ne peut être avancé pour dire que la France a décidé pour harmoniser ses diplômes avec l’Europe de se classer volontairement en bas du tableau. C’est comme si, ayant deux diplômes supérieurs, elle décida de garder le moins important. Difficile de concevoir autant de « modestie » (ou de stupidité) de la part d’un Etat. Plus rationnel d’apparence est l’argument qui dit que ce Doctorat ne donne pas « automatiquement » droit au statut de professeur … en France. Il faudrait passait une sorte d’habilitation. Et en Belgique ? en Amérique ou au Canada ? Déploie-t-on le tapis rouge à tout détenteur de leur diplôme ? On confond le diplôme et les procédures de recrutement. Au Maroc, aujourd’hui même un titulaire d’un Phd, reconnu aujourd’hui équivalent au Doctorat français puisque traité sur le même pied d’égalité, doit passer devant une commission ou jury. Ce n’était pas le cas avant. Et c’est bien au Maroc que les titulaires du Doctorat français ont été recrutés pas en France. Or jusqu’au 1997 le recrutement au Maroc se faisait sur la base du diplôme présenté et uniquement sur cette base.
Soit le Doctorat Français est reconnu équivalent au Doctorat marocain soit il ne l’est pas. Jusqu’à aujourd’hui le gouvernement n’a pas encore répondu à cette question. Mais de facto il y répond par la négative. Pourquoi n’ose-t-il pas tout simplement confirmer ce point de vue officiellement ? Parce qu’il faudrait à notre commission d’équivalence beaucoup de courage ou d’audace pour se permettre un tel jugement en contradiction avec le reste du monde. Puis cela serait cocasse de continuer à demander l’aide scientifique et financière de la France (la dernière date du mois de décembre 2006) déguisée pour aménager les susceptibilités en collaboration, tout en affirmant que ce pays n’a pas les compétences nécessaires pour délivrer un haut diplôme universitaire équivalent au Doctorat Marocain.
Administrativement parlant le problème est une erreur que le gouvernement reconnaît mais qu’il ne veut pas réparer totalement. Les autres interprétations sur ce point ne sont que des pseudos arguments.
Suite l’argument politique…

