mardi 5 décembre 2006

l'amertume des universitaires

Certains collègues (de Meknès) ont publié un papier dans le journal Yaoumiat annas. Je m’adresse à eux.


Droit de réponse


Chers collègues,
J’ai trouvé courageux de votre part d’écrire un tel papier et de le signer. Votre texte ressemble plus à un aveu qu’à un point de vue. Fallait-il être aussi nombreux à l’écrire ? Je pense que les signataires ont cautionné le contenu plus qu’ils ne l’ont écrit. Mais n’en soyez pas offusqués c’est une simple remarque qui n’enlève rien au texte car mathématiquement vous pouvez multiplier un vide par n’importe quel entier il restera vide.

J’ai bien lu votre texte. Un glissement s’opère subrepticement et vous trahit. Un texte argumentaire laisse toujours les arguments les plus forts à la fin. Vous faites tout à fait le contraire. Vous êtes calmes au début, énervés à la fin ; sereins puis agités, réfléchis puis impulsifs. En fait, vous êtes dans la logique de celui qui est pris pas le flux verbal et qui cumule les arguments jusqu’à l’épuisement si bien qu’à la fin il ne trouve plus rien à dire, il se met à rire bêtement en reprenant son souffle : « ha ha ha…. vous… avez …vu…ha ha »
Mais tout au long de votre texte et avec une constance digne d’admiration, vous êtes amères. Vos derniers paragraphes sont les plus éloquents et ceux qui vous trahissent le plus. Ils sont les plus pitoyables et les plus risibles. Quoi ? Les DF seraient coupables de faire appel à la France ? L’air de nous dire « ils trahissent la cause nationale. Ce sont des collaborateurs » et d’autres sornettes qu’on sort lors de discours creux de circonstance pour se moquer de l’intelligence des gens. Vous me forcez à croire que vous faites partie des gens qui croient à ces sottises. A moins que vous ne le fassiez exprès ? Ah c’est ça donc, vous manquiez d’argument. Pas grave, mais permettez-moi de vous rappeler messieurs « les nationalistes » quelques vérités : C’est grâce à la France que vous avez fait vos études (si vous en doutez relisez l’histoire des 50 ans d’indépendance, soit plus que toute la période du protectorat et voyez combien nous sommes d’analphabètes. Ne voyez dans ce dernier mot aucune allusion à vous, je parle effectivement des vrais analphabètes. Mais surtout c’est grâce à la France que vous êtes enseignants (tout le système éducatif est calqué sur ce modèle). Puis la France Messieurs, c’est la France dont vous rêvez. Sincèrement, ne voudriez-vous pas être comme la France ? Non ? Ah bon !

Puis je vous reconnais une intention humoristique ratée avec ces doctorats « baldia » et « roumia ». Mais pour ne rien vous cacher, vous vous en doutez sûrement, ça ne m’a pas fait rire. Je n’aime pas beaucoup l’humour à la Dasoukine. Je respecte la personne, mais j’estime que des gens comme nous devraient rire de choses plus subtiles. Allez je vous le concède : chacun son humour. Avouez quand même que cela fait déjà deux choses.

J’ai laissé bien sûr l’argument le plus fort pour la fin (cela permet aux lecteurs de garder à l’esprit l’élément le plus déterminant ; pardon j’ai oublié que vous êtes aussi des professeurs)
Quel est le sens de votre texte ? (là je me rends compte que je suis trop didactique) Je vais vous illustrer la chose car l’exemple est un bon argument.
Avez-vous déjà lu dans un communiqué des DF quelque chose du genre : nous ne voulons pas que les PES soient PES ? ou que ceux qui ont eut leur thèse d’Etat repassent devant une commission pour vérifier s’ils méritent leur diplôme ? Ou encore nous ne voulons pas que les titulaires des DES soient aussi des PH ou PES ? NON ! Je réponds à votre place pour que ce NON résonne fort dans votre oreille.
C’est ce que vous faites. Vous ne voulez rien pour vous. Vous voulez que les autres n’aient rien. C’est pourquoi vous vous complaisiez dans l’injustice dont sont victimes certains de vos collègues. Cela vous donnait du baume au cœur. C’est bon de voir les autres malheureux, ça permet d’oublier un peu ses malheurs. Nous ne voudrions pas que les autres soient ….
Excusez-moi. Je viens de recevoir un communiqué des Doctorats Marocains (clin d’œil … Français # marocain.. vous avez compris ?).
Il s’agit d’un communiqué et je viens de réaliser que ce que je vous disais est éloquemment illustré ici.
C’est tellement bien dit que je ne résiste pas à la tentation d’emprunter des pans entiers du texte. Voyez par exemple le sixième point :
6. Les derniers accords conclus entre le BN et le MEN n'impliquent que ces deux parties et le communiqué du MEN suite à ces accords est inacceptable.
Pourquoi inacceptable ? Ils sont donc d’accord avec les DF qui ne l’acceptent pas non plus ? Non, il y a erreur ou imprécision dans le choix des mots : ils voulaient dire certainement « Insupportable », « Insoutenable », « Rageant », « Pénible » pour nous.

Un autre point
4. Ni le bureau National, Ni le ministre sont habilités à promettre la distribution des diplômes qui se méritent scientifiquement et ce dans le souci de préserver la crédibilité de notre université marocaine
Quand j’entends une phrase comme celle là « préserver la crédibilité de notre université marocaine » je vous jure que j’ai envie de pouffer. Ça sonne faux. C’est comme quand un dictateur vous parle de démocratie ou un analphabète (non, non, je vous assure qu’il n’y a aucune allusion…) vous parle de littérature.
Pourquoi préserver ? Elle l’a déjà, la crédibilité ? Pardon chers collègues, il y a parmi vous mes professeurs que je respecte pour leur probité et leur intelligence. Ils sont rares. Trop rares pour constituer la règle. Par contre il y a une masse qui s’indignera des mes propos… pour ne rien vous cacher c’est le cadet de mes soucis. Mais de grâce, ne sortez pas les gros mots. « Se méritent scientifiquement ». Tais-toi donc Grand Jacques ! que connais-tu à la science…
Et puis bonne nouvelle ! il distribue les diplômes maintenant le MEN ? Ah bon ? Je croyais que les DF tenaient tellement au leur. Vous ne l’aviez pas compris ? Ils ne veulent pas de diplôme, ils l’ont. D’un grand pays. Ils voudraient seulement qu’un pays du 1/3 monde, qui se trouve être le leur, reconnaisse que ce diplôme est équivalent à celui de la Belgique, de la Bulgarie, de l’Egypte… Non ? Ils n’ont pas raison de revendiquer cette équivalence ? Ah bon !

Soucieux quand même de l’unité syndicale : corriger les dérapages dangereux qui font naître les "catégories". Mais bien entendu ils s’empressent d’en créer une nouvelle catégorie. Comment n’ont-ils pas remarqué ça ? Ils ne relisent pas leurs textes ?

Quant à leurs revendications je n’en dirai rien. Je leur souhaite d’obtenir ce qu’ils veulent et s’ils ont besoin de notre aide nous nous solidariserons avec eux.

Jamais je ne revendiquerai quelque chose contre vous… rationalisme français oblige ! Avouez que tout français qu’il est, le rationalisme est préférable à l'amertume.
Vous avez failli me faire oublier le premier texte. Mais comme j’ai été un peu long je termine sur cette phrase où les auteurs (du texte du journal) pensent que les DF ont été trop gâtés (six ans de bonif’ et maintenant PH et demain PES)
Cela m’a vraiment fait sourire. C’est aussi mignon que quand mes enfants se chamaillent « Papa pourquoi lui il a un bonbon et pas moi ? » C’est que ce ne sont que des enfants. On jurait parfois qu’ils seraient « plus heureux » si papa leur donnait à tous une bonne raclé ! Heureusement que nous sommes des adultes.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je sors d'une réunion des DF à Fès et le point qui as encore retenu toute mon attention, est faut-il oui ou non demander aux collègues grévistes de la faim d'arrêter cette grève? Tous les présents étaient totalement solidaires avec les grévistes de la faim, mais les avis étaient partagés quand à la durée actuelle de cette grève. Ils y en a qui pensent que la grève de la faim était bien réflechie depuis le début et que les grévistes étaient et sont toujours conscients des conséquences dramatiques qu'ils encourent.

D'autres y compris moi même étaient pour leur demander d'arrêter la grève de la faim sans arrêter les autres formes de lutte en l'occurance la gèves dans les établissement, vue justement les conséquences néfastes qu'ils vont subir et c'est peut être un moyen de leurs épargner la mort.

Je dis tout simplement qu'on est pas dans un pays de droit et que toutes les grandes salades qu'on nous sert à longueur de journée ne sont qu'utopie dans ce pays millénaire, mais malheureusement millénaire de non sens et surtout quand il s'agit du non droit.

Cette action aurait pu se passer outre mer (pays de droit), elle se serait réglée en moins de deux, car le droit est souverain. Dans le plus beau pays du monde,la valeur de la vie d'un citoyen se mesure d'abord en quantité de chiffres que l'on a dans son compte banquaire. Et comme généralement les enseignants chercheurs et de surcroit les DF( car lésés par rapport aux autres (diplômés) n'ont à peine que qlq chiffer dans ce dernier...... leurs vies importent peu pour notre gouvernement, donc finalement un mois ou plus ne change rien à la donne.

Là où je n'ai pas pu m'enpecher d'intervenir, c'est quand un collègue dans je respectes l'avis a comparé l'action des collègues grévistes de la faim aux quotidien en palestine où les morts se comptent en dizaines chaque jours et ceci au nom du DROIT? ET que les autochtones palestiniens sont plutôt fiers de leurs martyrs et que l'acquisition du DROIT mérite des scrifices même humains....
Je dis que le mot DROIT peut être doté de plusieurs coefficients. Le droit à la parole, le droit à la grève, le droit à toutes actions syndicales le droit à la liberté, mais surtout LE DROIT A LA VIE.

Notre cause est juste et honorable , notre droit à l'équivalence de notre diplôme est légitime, mais le sens de ce mot droit ne signifie absolument rien pour ne pas dire absolument incomparable au droit à la liberté d'une nation ou à sa décolonisation, donc le droit de vivre libre et non sooumis à quiconque.
Nos droits nous DF méritent t-ils des morts??? La question reste toujours posée.

Anonyme a dit…

bravo pour ton blog. j'ai lu tes articles. Tu n'y vas par 4 chemins.c'est très percutant!tu as parfaitement raison de proclamer haut et fort que ceux qui ont cette chance d'obtenir un doctorat français et d'avoir pu faire leurs études en France doivent en etre fiers. Meme l'idée d'équivalence me parait déplacé.Il s'agit d'un diplome français pour une discipline qui est la leur.Les autorités gouvenementales ne sont pas habilités à reconnaitre ce diplome.Ce diplome doit etre homologué ipso facto.
rostom

Anonyme a dit…

bravo pour ton blog. j'ai lu tes articles. Tu n'y vas par 4 chemins.c'est très percutant!tu as parfaitement raison de proclamer haut et fort que ceux qui ont cette chance d'obtenir un doctorat français et d'avoir pu faire leurs études en France doivent en etre fiers. Meme l'idée d'équivalence me parait déplacé.Il s'agit d'un diplome français pour une discipline qui est la leur.Les autorités gouvenementales ne sont pas habilités à reconnaitre ce diplome.Ce diplome doit etre homologué ipso facto.