
Pardon à ceux qui y croient encore mais peut-être ont-ils eu plus de chance avec leur gauche. Je ne parle forcément que d'une certaine gauche.
La gauche cause !
Qu’ils étaient beaux ces moments de lutte ! On nous présentait notre combat comme un sacrifice immense pour le bien de l’humanité. Rien que ça ! Nous étions nourris au discours mielleux et pompeux de la gauche, discours généreux et intransigeant: nous sommes le monde !
Que c’était beau d’être de gauche ! Y a-t-il plus juste qu’un homme de gauche ? Y a-t-il plus généreux ? Plus Homme ? Je pensais sincèrement que la qualité humaine leur était exclusive. Les autres ne sont que des capitalistes, profiteurs, exploiteurs ou alors ce sont des intégristes, passéistes. Non, ou on était de gauche ou on n’était pas homme.
Qu’il était beau leur discours, jusqu’à il n’y a pas longtemps. Cela vous donnait le frisson des grands jours que notre angélisme appelait « le combat décisif »! Nous y avons cru et certains y ont cru plus que d’autres. Ils l’ont payé de leur vie, de leur avenir. Mais c’était beau le sacrifice pour une cause ! Les uns tombaient et se relevaient, les autres reprenaient l’étendard pour aller de l’avant contre l’obscurantisme, l’exploitation. On était heureux et fiers de prendre des risques car notre vie nous paraissait insignifiante devant l’immensité de la tâche. J’avais parfois honte de ne pas être, par ma naissance, de ces "damnés de la terre".
Nous avions vingt ans et pas grand-chose à perdre. Le discours transformait les souffrances en moments de joie. Qu’un séparatiste irlandais mène une grève de la faim et nous étions scandalisés. N’est-ce pas M. El Habib ? Nous ne connaissions rien de cet irrlandais, ni ce qu’il a fait, ni ce qu’il voulait faire, nous étions scandalisés qu’un combattant soit victime de "l’impérialisme mondial". Nous étions admiratifs devant son courage et son obstination à se sacrifier. Il est mort et il nous a laissé des photos à accrocher aux murs lors des soirées poétiques organisées par l’UNEM à Rabat, L’UNEM de gauche, purement de gauche. La parole s’enflamme. Car tout est discours. N’est-ce pas M. EL GAHS, M GUESSOUS? Grandes... "consciences" quand il s’agit de la Palestine, de l’Ireland ou de l’Erythrée.
Voilà une autre image, une autre photo, un autre slogan. Une parole, un discours qui s’ajoutent au discours. Et la gauche cause, …. la gauche glose, car la gauche est "gloseuse".
Puis vint le temps où elle a cessé de parler. Elle a pris le pouvoir. En réalité c’est le pouvoir qui l’a prise. La gauche a perdu de son éloquence. Elle s’est assagie. Elle est devenue réaliste. Et les principes ? Comment transcrire un rire sonore et roulant pour répondre à cette question?
Voila des marocains, hommes et femmes, pères et mères de famille, professeurs universitaires qui plus est… ils font grève de la faim pendant 24 jours… (jusqu’au 24 novembre 2006) vingt-quatre-jours…576 heures sans manger ! … et pas de discours ? … Non pas de discours. La gauche se retient car si elle essaye de parler, il ne sortirait de sa bouche qu’un rire trop fort pour qu’il soit sincère. Un rire nerveux que tous ceux qui ont trahis leurs principes connaissent. Rien ?... Rien… Ils ne mangent rien ? … Rien !
Où sont-ils donc passés ces donneurs de leçon, qui nous ont lancé à coup de slogans devant les canons des fusils un 21 juin 1981 ?
Je me rappelle d’un certain « moharir » et ses pamphlets enflammés sur la liberté de la presse.
Peut-être que sa mort a annoncé la vraie mort de la gauche. Mais il y a tromperie sur la marchandise. On m’a fait croire que le défunt mouharir a eu un héritier.
Que disait Al mouharir ? Que la presse dit, informe, renseigne le citoyen contre les forces obscures (impérialistes, sionistes, etc.) qui ne veulent pas qu’on sache.
Que doit-on savoir ? Les souffrances du peuple ? Pas forcément, tout événement est « journalistiquement » légitime. En parler ne signifie pas le cautionner. Vous voyez, je ne vous reproche pas votre position mais votre silence après tant d’année de bruit, de vacarme (et dire que j’entendais cela comme une musique).
Il y a des professeurs qui font grève de la faim pendant 24 jours. Que dit l’héritier du « mouharir » ? Rien ! Il jeûne ma parole. Ne voit-il vraiment rien ? Et la bien nommée Libé, a-t-elle réellement le courage de son nom ? Rien… Oh si 2 textes quand même…
Pourtant les deux journaux sont là dans les kiosques. Ils parlent de quoi alors ? De tout ce que le gouvernement fait de bien. Et il ne fait que du bien. Il fut un temps (le temps du discours) ou cela s’appelait « العام زين ».
Les chiffres
J’ai fait les calculs, histoire de passer le temps.
35 titres (journaux, magazines, agence de presse etc.) ont parlé du problème des DF. 131 textes ont été écrits. Etalés sur une période allant du 21 mars au 24 novembre 2006 où l’affaire est devenue publique, soit plus de huit mois.
La presse partisane de gauche ou de droite a écrit 43,51% des articles. C’est-à-dire que la presse libre (non affiliée à un parti politique) a pris en charge 56,49% du total des articles. Le problème n’est-ils pas politique, social, syndical ?
Cette petite moitié écrite par les journaux des partis se répartit inégalement entre les partis de gauche et les autres tendances (On ne peut pas parler au Maroc d’une droite. En réalité je me demande si on peut parler de gauche même si le parti de M. Elyazghi a choisi pour emblème la rose).
La gauche toutes tendances confondues a publié 15,26% des 131 articles Alors que la droite en a publié 28,25% . Le reste est bien sûr le fait de la presse dite libre.
Essayons maintenant de voir qui est dans les 15,26% de gauche. 60% des articles des journaux de gauche sont du à un seule titre : Al Monataf de M. ElKhayari (FFD). Cela mérite d’être analysé. On sait que c’est un parti mal aimé de la gauche pour des raisons historiques. L’autre minoritaire de la gauche, le PPS a écrit dans ses deux organes (Al Bayane et Bayane Al Yaoum) 20% des articles. A eux deux ces deux partis totalisent 80% des articles écrits par la gauche sur le problème des DF.
Le premier parti du Maroc, celui de M. le ministre de l’enseignement supérieur n’a participé dans l’information des citoyens que par 2 articles dans libération (en français) soit 1,52% des 131 articles. Quand on compare ce chiffre au 13,74% de Rissalate al oumma ou au 9,16% de Al Mounataf, des questions légitimes peuvent être posées sur le devoir d’information de la presse.
Si on affine encore l’analyse en prenant en considération la période de la publication des articles on découvre d’autres vérités.
Depuis la grève de la faim
Sur les 131 articles publiés, 98 l’ont été après le 1e novembre. Cela représente 74,80%. Le mouvement de la grève de la faim a certainement rendu le problème des DF plus médiatique.
De ces 98 articles seuls 16 émanent de la gauche (16,32%). La droite quant a elle, elle a publié 28,57% de l’ensemble des articles depuis le 1e novembre.
Les journaux de l’USFP n’ont publié depuis cette date que 12,5% des articles de gauche et 2,04% de l’ensemble des articles. Le reste de la gauche a pris en charge les 87,5% qui reste.
Bien entendu, nous avons abordé la question en terme de titres appartenant au parti de M. EL Malki. Il y a une vérité atroce qui se cache derrière ces chiffres : le journal « AL ITIHAD AL ICHTIRAKI » a publié 0% des articles. RIEN. Le journal arabe du parti majoritaire…. RIEN.
Quand je vous disais que le pouvoir a pris la gauche.
C’est vrai que « العام زين ». Tout va bien.
Ailleurs, sous d’autres cieux, il y a ce qu’on appelle des « consciences ». Des hommes et des femmes qui par courage et par principe viennent s’enquérir du désespoir des gens qui n’ont plus confiance dans leur pays, et qui recourent à des moyens extrêmes pour se faire entendre.
Merci M. EL MANJARA d'être passé. Merci à tous ceux qui ont poussé l'élégeance jusqu'à venir dire un mot léger et doux traduisant leur soutien, leur compassion.
Mais la gauche... de M. le ministre... RIEN. Quand même, une parole, un mot, un murmure, un chuchotement, un tout petit son, venant de vous, vous dont les cris assourdissaient les horizons… NON RIEN !
Même pas de visite pour ….. RIEN !
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